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Laissez nous chanter !

février 7, 2012

Aujourd’hui, l’acteur Charles Berling sortait son premier album, Jeune Chanteur. Idem pour Rachida Brakni, avec un premier disque qui porte son nom. Pourquoi tant de comédiens décident de sortir un disque ? Si j’étais mauvaise langue, je dirais que c’est parce que les allocations d’intermitents du spectacle sont désormais plafonnées et qu’il faut bien trouver de nouvelles sources de revenus. Mais je ne suis pas mauvaise langue. Alors, on va dire plutôt que les acteurs font des disques pour les mêmes raisons qu’ils réalisent des films. Parce qu’à force de s’emmerder pendant des heures à se faire maquiller ou à attendre la prochaine prise, ils finissent par en avoir un peu marre de jouer les potiches et ils ont un trop plein d’idées. Les disques de comédiens sont la plupart du temps comme les films de comédiens : bien faits, mais démués d’originalité.* Ces deux là ne font pas exception. Sur l’album de Rachida Brakni, il y a un vrai savoir-faire, des textes même pas mauvais, une folk un peu lancinante. Sur celui de Charles Berling, il y a un certain classicisme des années 70, de Delpech à Julien Clerc. Mais mince : que tout cela est générique ! Quel manque de relief, d’originalité, en un mot, de personnalité ! Et cela n’est pas étonnant, car après tout c’est ce qu’on demande à un acteur : se fondre dans un personnage. Un chanteur, lui, ne doit pas incarner, il doit être.

Cela dit, ça n’a pas toujours été le cas. À l’époque de Sinatra, par exemple, un chanteur était avant tout un interprète qui devait jouer des personnages. Mais le rock’n'roll est passé par là. Elvis ne faisait pas semblant, lui, il était réellement celui qu’il incarnait. Il n’a peut-être pas écrit “Love Me Tender” mais sa version est si poignante qu’à aucun moment on ne doute du fait que ces mots sont les siens. Avec les Beatles et Bob Dylan, la transformation devient complète. Il ne s’agit plus de chanter joli, de chanter bien, il faut dire la vérité, ou du moins construire sa propre vérité – en France, au même moment, c’est Gainsbourg, notamment, qui fait opérer à la chanson cette transformation. C’est ainsi qu’on parle de ce que les directeurs artistiques des maisons de disque appellent un “univers” – un mot qu’une décennie de télé-crochets aura achevé de galvauder. Vouloir rassembler une équipe de songwriters plus ou moins à la mode autour d’un(e) comédien(ne), c’est nier ce lent processus de maturation,  de construction d’une personnalité. C’est affirmer que n’importe qui peut faire le travail de chanteur, que d’ailleurs, ce n’est pas un vrai travail. D’ailleurs, il y a quelque chose de l’ordre du Sarkozysme culturel dans cette démarche, parce que ça revient à appliquer une rengaine bien connue dans le domaine du marketing politique à la musique, le “tous ensemble” :  vous en avez marre de ces artistes dégénérés qui prennent des drogues et ont des tatouages laids, genre Daniel Darc ? Préférez leur Charles Berling/Sandrine Kiberlain, un mec/une fille qu’on a vu/e des dizaines de fois jouer le cadre sup de province/la copine sympa, qui est bien propre sur lui/elle et véhicule une image positive de Mr/Mme Tout Le Monde (l’ironie est que souvent le comédien-chanteur a manifesté sa vive désaprobation à l’égard de la politique de Sarkozy, mais bon, passons …).

À la vérité, quand on y réfléchit bien, on réalise que les chanteurs ont, eux, souvent fait de bons acteurs. Reggiani a toujours été impeccable au cinéma. Bashung était parfait en père incestueux dans l’Ombre du Doute. Et que dire d’Yves Montand, dont on a presque fini par oublier qu’il était en premier lieu un chanteur ? C’est assez normal que la reconversion passe mieux dans ce sens. Les chanteurs n’ont pas besoin d’imposer une gueule, un vécu. L’univers que leur musique véhicule parle pour eux. Allez, les acteurs, retournez bosser et par pitié, laissez nous chanter !

* Il y a toujours des exceptions (à l’étranger) : l’extraordinaire Nuit du Chasseur de Charles Laughton, les films d’Orson Welles, de Clint Eastwood, de Sean Penn, de Kitano …

Porco Rosso @ Truskel – 10 février 2012

janvier 31, 2012

Tout est – presque – dans le titre ! Nous jouerons donc le 10 février 2012 à 21 heures au Truskel. Nous nous produirons en trio dans une formule semi-acoustique et jouerons quelques vieilleries ainsi que quelques chansons de l’album que nous préparons actuellement. Ca se passe au 12 rue Feydeau dans le 2e arrondissment (métro : Bourse ou Grands Boulevards).

2011 in review

janvier 1, 2012

The WordPress.com stats helper monkeys prepared a 2011 annual report for this blog.

Here’s an excerpt:

A San Francisco cable car holds 60 people. This blog was viewed about 3,200 times in 2011. If it were a cable car, it would take about 53 trips to carry that many people.

Click here to see the complete report.

Freedom !!!

décembre 19, 2011

Hello à tous.  Ca fait bien longtemps que ce blog n’a pas été mis à jour et nous pensons donc que quelques nouvelles du groupe s’imposent. Nous sommes en train de préparer notre nouvel album. Le titre provisoire est “La Fin du Monde”. Il s’agit du titre d’un des morceaux que nous avons déjà joué deux ou trois fois en concert. Non seulement, nous l’aimons beaucoup mais en plus, il nous semble bien résumer la tonalité du disque à venir : là où La Vie Sans Moi était plutôt ensoleillé, pop et optimiste (pop-timiste, alors !), le prochain sera plus sombre, plus mélancolique, plus oppressant peut-être avec des infuences post-rock plus marquées. Bien sûr, il y aura toujours des titres plus pop, plus catchy, mais globalement, nous nous sentons l’esprit plus mélancolique et nous voulons avoir un son un peu plus brut, porté davantage par les guitares. D’une certaines manière, nous voulons que ce disque ait un peu plus de tout. Que les passages lyriques ou calmes le soient plus encore et que les passages plus énervés le soient tout autant. Est-ce que cette idée de départ correspondra réellement au résultat final  ou allons-nous changer de direction en cours de route ? Nul ne le sait et c’est donc une période assez excitante pour nous qui s’amorce avec ce nouvel enregistrement. D’ici là, nous allons finir un deux titres pour French Toast qui servira de mise en bouche à ce nouvel opus. Nous vous en dirons plus ultérieurement.

Une autre nouvelle qui est assez importante pour Porco Rosso, même si elle ne vous concerne pas au premier plan. Le 23 maiprochain, notre contrat de distribution numérique ne sera pas renouvelé. Cela signifie dans les faits que la musique de Porco Rosso ne sera plus disponible sur des plate-formes de téléchargement ou sur des sites d’écoute comme Deezer ou Spotify. Pourquoi ce choix ?  Comme ceux qui lisent régulièrement ce blog le savent, nous avons rencontré un problème avec notre distributeur, qui a refusé de céder des droits de distribution qui nous auraient permis d’être disponibles sur une compilation physique, vendue dans une grande chaîne de magasin. Même si en soi, cela n’était pas bien grave, cela nous a fait réaliser qu’un groupe indépendant et non signé comme le notre n’a pas besoin de contraintes comme celles-ci. Être écoutable sur Deezer ou présent sur iTunes peut sembler être un bon plan, mais la réalité est que c’est surtout au travers des réseaux sociaux et des sites comme celui-ci, sans même parler du contact direct avec le public lors des concerts, de l’aide généreuse de sites et de personnes comme Grosse Caisse TV, À Découvrir Absolument, Presque Fameux, Planet Claire/Aligre FM, Yet You’re Fired, Pop Is On Fire, Le Mouv’, etc. (j’en oublie forcément) que nous avons pu faire un peu parler de nous, plutôt que grâce à de grosses machines qui sont essentiellement taillées pour des groupes signés et disposant de moyens de promotion conséquents. Bien sûr, cette fin de contrat ne s’est pas faîte sans débats, mais nous pensons qu’en attendant d’être signés sur un label, il est mieux pour nous de maîtriser la distribution de notre musique et de disposer ainsi de nos droits de distribution. C’est ainsi que sur Bandcamp, nous pouvons vous offir pendant encore quelques jours notre dernier Ep en date, Judee Sill et que vous pourrez télécharger La Vie Sans Moi au prix le plus bas possible. Par ailleurs, puisque c’est Noël et que le rien ne remplace le contact humain, n’oubliez pas qu’un vinyl est toujours un meilleur cadeau qu’une carte de téléchargement ou un gadget électronique. Si vous êtes parisiens, n’hésitez pas à aller voir ce qui se fait à la Boutique Fargo, dans le 11e. Bonnes fêtes à tous !

Le Mouv, encore !

novembre 29, 2011

Hier, l’honorable Nico Prat a parlé de Porco Rosso dans sa rubrique quotidienne sur Le Mouv, avec de vrais morceaux d’interviews dedans. Vous pouvez réécouter tout ça à cette adresse pendant une semaine. Merci à Nico et Émilie pour ce chouette moment de radio ! Et vive Véronique Sanson et La Féline !

Des nouvelles

octobre 11, 2011

Bon, par où commencer ?

Déjà, nous serons vendredi prochain (le 14 mai 2005) en concert à la Péniche l’Antipode, Quai de Seine, dans le 19ème, à l’invitation du groupe That’s All Fxxx. Nous jouerons en tête d’affiche et les hostilités commenceront vers 21 heures. Nous vous attendons très nombreux.

Nous nous produirons également le 1er décembre à La Loge, dans le 11ème, à l’occasion d’une résidence de notre label associatif French Toast. Cette série de concerts aura pour but de fêter la naissance d’une nouvelle série de 45T digitaux et l’un de ces deux titres sera de Porco Rosso, bien sûr. On vous en dira plus … quand on en saura plus !

Après ces deux dates, nous comptons faire un break pour préparer notre deuxième album. Pour l’instant, nous ne pouvons rien en dire sinon qu’il y a 90% de chances qu’il s’appelle La Fin du Monde. Mais qui sait … ?

Last but not least, Sébastien, notre batteur, a un projet musicial appelé Tristen et signé sur le label Volvox, et c’est un grand plaisir pour nous de pouvoir vous annoncer la sortie de son premier album L’Ombre à Suivre, disponible en CD et en téléchargement sur toutes les plate-formes habituelles. Sébastien a un style hybride entre pop et chanson française, une voix fluette, une originalité dans le milieu ultra-formaté de la chanson d’en France. Un peu comme Porco Rosso, en somme …

Session Planet Claire : Vidéo et Téléchargement

septembre 18, 2011

La session radio que nous avons enregistrée le 15 juin dernier pour l’émission Planet Claire sur Aligre FM a été filmée et mixée. Vous pouvez la regarder ci-dessous et pouvez également la télécharger ICI. Bon visionnage et bonne écoute !

 

Pour adultes et adolescents (Bis repetita)

juillet 18, 2011

La pop française se décomplexe de plus en plus, et avec Porco Rosso (“De Chinatown à Washington” est juste un must, une des plus belles perles des 23 volumes des compilations ADA) elle rivalise avec ce que l’Amérique nous a donné de mieux depuis une trentaine d’année, REM en tête. Porco Rosso en tête dans l’art de rendre simple et beau à la fois.

Le reste, l’une des plus belles chroniques qui nous ait été consacrées jusqu’à présent, est à lire ici sur le site de le site de l’excellent webzine À Découvrir Absolument. Merci à Gérald.

Aligre FM Bis Repetita ( + Ganglians !)

juin 14, 2011

Sept mois jour pour jour après notre annulation de décembre dernier, Porco Rosso participera ce mercredi (15 juin) à l’émission Planet Claire, diffusée toutes les semaines sur Aligre FM (93.1 sur la région parisienne) de 19h30 à 21 heures. Nous jouerons quelques titres de notre album en version semi-acoustique tout en écoutant l’irréprochable programmation musicale concoctée par Laurent, Denis et Benjamin : indie, shoegaze, folk alternatif, punk, garage. La session sera ensuite disponible sur le site web de l’émission.

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, nous aurons aussi l’occasion d’y croiser l’excellent groupe californien Ganglians, signé sur le non moins excellent label de Brooklyn Woodsist. On a hâte d’y être !

Pour adultes (et adolescents)

avril 21, 2011

On le sait depuis la sortie du roman de Nick Hornby, High Fidelity, et cela a été redémontré plusieurs fois depuis, notamment par l’excellent Dean Wareham, dont l’autobiographie est un modèle du genre : l’indie pop, ça vous ruine la vie. Quand vous avez 16 ans et qu’au lycée, vous écoutez Joy Division et les Smiths, alors qu’à votre âge, toute personne normalement constituée devrait s’éclater au Vodka Pomme sur du Ace of Base ou se prendre pour un dur en écoutant Coolio, et bien, c’est clair que vous passez à côté de votre jeunesse. L’indie pop, à vrai dire, est une musique de trentenaire. Quand on l’écoute, on a toujours 30 ans. Donc, pendant toute l’adolescence et le début de l’âge adulte, on vous taxe de vieux. Et puis, passé ce stade, alors qu’arrivent les responsabilités (boulot, femme et enfants), on vous demande si vous ne voulez pas grandir un peu, troquer Spirit of Eden de Talk Talk contre un quatuor de Schönberg, ou même arrêter tout simplement la musique pour faire quelque chose de vraiment sérieux dans la société : créer un nouveau shampoing, assurer la promo de la nouvelle Audi ou emmener les gosses à la Mer de Sable le dimanche. Au bout d’un moment, tout cela peut vous rendre un brin frustré.

Je ne connais pas Gérald de Oliveira personnellement, mais il est mon “ami” Facebook et ce que je peux dire, c’est que ces moments de frustration, il les connaît. Supporter des petits groupes de la scène indie parisienne depuis des années, monter des hommages à ses artistes préférés – Diabologum, dont l’albun A découvrir Absolument a servi de nom au webzine de Gérald, puis PJ Harvey et Dominique A -, écrire des chroniques, annoncer des concerts, mais aussi écouter de bien mauvais disques, supporter les relances des artistes et des attachés de presse, s’apercevoir qu’on n’aura pas d’invitation pour le concert d’untel car tout a été donné à des médias plus “fréquentables”, devoir payer pour l’hébergement du site : ça vous donne parfois envie de raccrocher. Et je sais que Gérald y a pensé. Et pourtant, il tient le cap. A Découvrir Absolument est passé d’un webzine classique à un concept inédit, centré autour de compilations trimestrielles (parfois doubles), sur lesquelles on trouve non pas le meilleur de la scène indie française mais juste ce que Gérald a envie de défendre, d’écouter et de faire écouter à un instant t. On ne sait pas si Gérald aime beaucoup ou juste un peu Porco Rosso – on n’a pas vraiment envie de le savoir d’ailleurs – mais on sait qu’il a chroniqué notre premier EP Des Jours Meilleurs en des termes touchants et élogieux et qu’il remit le couvert pour le second, sans que nous n’ayons eu besoin de faire beaucoup de prosélytisme. Jusqu’à présent, cependant, nous n’avions pas encore eu les honneurs d’une inclusion au sein de ses compilations. Et bien, c’est désormais chose faite. La n°22 est disponible immédiatement en téléchargement gratuit et elle contient le titre “De Chinatown à Washington”.  [Au passage, j'aimerais signaler qu'on y trouve aussi un morceau de Catherine Watine, une chanteuse à l'univers (Dieu que je déteste ce mot, si cher aux directeurs artistiques, mais qui s'applique ici pleinement !) étrange et onirique et aux arrangements fouillés et ambitieux.]

Pour tout vous avouer, moi aussi, je connais parfois les frustrations liées au fait d’évoluer dans le milieu de l’indie. On voudrait que nos disques soient plus chroniqués, que l’on nous programme dans certaines salles parisiennes qui nous sont jusqu’à aujourd’hui fermées, on voudrait passer plus souvent en radio aussi. On se demande pourquoi tel artiste  a droit à une page complète dans des magazines culturels au tirage national alors qu’on a l’impression d’écrire de meilleures chansons que lui/elle. Seulement, voilà : des personnes comme Aymeric, le programmateur de Radio Campus Paris, nous renouvellent régulièrement leur soutien, Christophe Crénel nous diffuse sur le Mouv’, un chroniqueur de la presse quotidienne régionale affirme que nous avons réalisé son deuxième disque préféré de 2010, Pierre nous accorde une interview et Gérald de Oliveira nous met gracieusement sur sa compilation #22. C’est grâce à ces petits signaux positifs que nous continuons d’exister. Pour cela, gloire  soit rendue à tous ces gens !

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